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Echouages et naufrages

LS93

La Lettre des Sables vous fait remonter le temps et vous présente une rue, un quartier au temps jadis, ses constructions marquantes, ses moments forts, son évolution. Cette fois-ci, nous consacrons cet article à nos côtes et aux navires de commerces qui s'y sont échoués au cours des siècles passés.

Depuis son origine, le port des Sables est profondément marqué par les drames de la mer qui ont endeuillé des générations de familles de marins. Si nombre d'entre eux concernent inéluctablement le monde de la pêche, il en est des plus rares, mais tout aussi dramatiques et spectaculaires, qui touchent les navires de commerce.

L'une des plus anciennes traces de ce type de naufrage est mentionnée dans les registres paroissiaux de La Chaume en 1696 quand le 15 février, la barque Le Jean de Bordeaux, chargée de vin, vient se briser sur la côte chaumoise vis à vis "L'Espoix".

Sous l'Ancien Régime, nombre d'embarcations viennent s'abîmer sur les sinistres écueils des Barges. C'est ainsi que nous connaissons dans les détails, grâce au chroniqueur chaumois André Collinet, les mésaventures du navire marchand nantais La Placellière survenues le 1er octobre 1747. Malgré les difficultés, il semble qu'une grande partie de l'équipage et des passagers aient pu être sauvée.

Le vapeur anglais Bedlington, chargé de blé, a été moins chanceux le 2 février 1873, quand il fait naufrage en baie des Sables, après avoir "talonné" dans le chenal du port. On ne compte seulement que 3 rescapés sur les 11 hommes d'équipage.

Le 29 janvier 1889, c'est au tour du vapeur La Valette de s'échouer sur les Barges avec sa cargaison d'alcool, mais cette fois ci les marins sont sains et saufs.

Le 8 décembre 1893, le trois mâts anglais Sodium, avec un plein chargement de barils de pétrole, vient se fracasser près du brise lames à La Chaume. La dislocation du bâtiment et celle de sa cargaison par la mer vont entraîner une marée noire à l'entrée du port.

A nouveau le deuil avec la goélette Croisine de Bayonne qui vient se briser sur la côte chaumoise en 1900. Il n'y a aucun rescapé parmi les 7 hommes d'équipage.

Le 9 novembre 1904, le trois mâts La Charmeuse de Saint-Malo, avec sa cargaison de morues, est lui aussi drossé à la côte, vers les Roches Noires, sans toutefois faire de victimes.
Un échouage spectaculaire est celui du croiseur Infernet le 16 novembre 1910 sur la plage de Sauveterre. Faute de pouvoir le renflouer, l'ancien vaisseau de guerre est entièrement découpé sur place et le métal acheminé vers l'Allemagne. Des vestiges de la quille sont encore visibles de nos jours à marée basse.

Le cargo hollandais Ariel, de 575 tonneaux, en provenance de Cardiff et transportant 500 tonnes de charbon à destination de Bordeaux, coule le 8 décembre 1954 au large de l'Ile d'Yeu, faisant 5 morts parmi l'équipage. Les 3 rescapés furent soignés à l'hôpital des Sables.

Plus inhabituel est l'échouage d'un cargo sur la plage. C'est ce qui est arrivé le 16 mai 1974 au cargo hollandais Gerda Maria en face du Palais de Justice. Ce cargo de 53 m de long, jaugeant 483 tonneaux, était en provenance d'Espagne, à destination de la Grande Bretagne. Dans sa manoeuvre pour rentrer au port, le cargo a heurté le radier de la petite jetée après un coup de vent. Une voie d'eau a alors obligé le commandant à faire échouer son navire sur la plage. Le bateau a pu être heureusement renfloué par les ateliers du Bastion et dégagé du sable, après deux tentatives infructueuses, dans les jours qui suivirent.

Le naufrage du cargo chypriote Deco sur les roches des Barges, à 2 milles à l'Ouest des Sables, auraît pu être évité. Mais le 12 juillet 1985, quittant le port de commerce pour se rendre à Warren Point en Irlande, avec dans ses cales 770 tonnes de céréales, le commandant engage le cargo de 61 m trop près du phare des Barges et vient talonner les rochers. L'équipage est heureusement évacué, avant que le navire ne finisse de sombrer le lendemain.

Le 30 novembre 1992, le cargo irlandais Arklow Castle vient s'échouer à la pointe de l'Aiguille à La Chaume. Ce cargo de 65 m transportait 1 500 tonnes de maïs. Les 5 hommes équipage ont pu être hélitreuillés et ramenés à terre. Le cargo, quant à lui, n'a pu être dégagé et s'est ensuite brisé en deux au cours du mois de janvier suivant. L'opération de découpage du navire s'est terminée à la fin du mois de juin 1993.

L'histoire s'est une nouvelle fois répétée le 10 mars 2008 lorsque que la tempête a « déposé » l'Artémis, cargo hollandais de 88 m, sur la plage en face de la Pendule...

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