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La création du musée de l'Abbaye Sainte-Croix

Exposition Coiffes et costumes 1964 - R V 3

Le musée de l'Abbaye Sainte-Croix fait aujourd'hui figure de pionnier et Jean-Louis Pradel, critique d'art à France Culture, le considérait comme "le musée présentant les expositions les plus pertinentes" (le 11 janvier 2000). Sa création cependant a été une oeuvre de très longue haleine.
En effet, les premiers projets de musées aux Sables-d'Olonne remontent au début du XXème siècle, sous la municipalité de Joseph Chailley (1912-1919), et sont pensés avec l'aide scientifique du docteur Marcel Baudouin, médecin et archéologue de Croix-de-Vie. Dans l'Entre-Deux Guerres, un nouveau projet, dans lequel l'archéologie, l'histoire locale et l'ethnographie vendéenne occupent une place prépondérante, est porté par la société d'histoire locale Olona (fondée en 1924).

Le tournant décisif intervient finalement au début des années 1960 - on parle alors beaucoup de Malraux, du Havre, des maisons de la culture -, lorsque le maire des Sables d'Olonne, Michel Laurent (1960-1965) et son Conseil municipal votent, le 26 janvier 1962, la constitution du comité de fondation d'un centre culturel dans les locaux de l'ancien lycée. L'un des principaux acteurs de cette création est l'écrivain et homme de lettres Jean Huguet. L'assemblée constitutive du centre culturel a lieu le vendredi 27 juillet suivant. Ce comité est composé du sous-préfet, du maire, de l'administrateur de l'Inscription Maritime, de l'archiprêtre, de Jean Huguet, de Fernand Fradet, de l'Amiral Lafargue, du général Mermet, du proviseur du lycée, du supérieur du collège Amiral du Vignaux, de l'inspecteur de l'Enseignement Primaire et de l'Archiviste du département.

Afin de développer le futur musée, la ville recrute le 1er février 1963 le préhistorien et géographe Pierre-René Chaigneau, qui lui assigne une triple mission tournée vers l'archéologie, l'ethnologie et la création contemporaine. Un an plus tard, l'installation du musée dans le Centre culturel est entérinée par délibération du 28 février 1964. Le dossier de création est ensuite déposé le 25 mars auprès de l'Inspection générale des Musées de France à Paris. Le musée municipal de l'Abbaye Sainte-Croix reçoit l'agrément du Ministère d'État des Affaires Culturelles le 7 septembre et le 20 novembre 1964, le Conseil municipal adopte le règlement du musée et la création du poste de conservateur. La "Société des Amis du Musée", partenaire emblématique du musée de l'Abbaye Sainte-Croix, est quant à elle créée le 14 décembre 1964. Son président est alors maître Gauvreau, avocat.
De par son activité et l'accroissement de ses collections, le musée est classé dans la 1ère catégorie des musées de France dès 1969. Ses collections s'enrichissent très rapidement. Le 29 août 1963, la société Olona fait un premier dépôt au musée, puis l'arrêté ministériel du 21 décembre 1964 en autorise un second provenant des collections du musée des Arts et Traditions Populaires.

La première donation d'importance est la collection du docteur Marcel Baudouin : elle comprend du mobilier de fouilles archéologiques, plusieurs milliers de plaques photographiques et un important fonds bibliographique. L'orientation muséographique est fortement axée sur la préhistoire et la protohistoire entre Loire et Gironde, avec notamment l'aide de l'archéologue Roger Jousseaume et la création d'un dépôt de fouilles au sein de l'établissement en 1972.

La première exposition temporaire (plus de 200 à ce jour) a lieu du 1er août au 10 septembre 1963 : intitulée "Les Sables et la Mer", elle est organisée conjointement par le Musée des Sables, la société Olona et la Ligue Maritime d'Outre Mer. Suivent "Peintures des grottes d'Ajanta", "Photographies du Marais Vendéen", "Coiffes et costumes de la Vendée" (1964) et "Cartes et plans des côtes et des ports du Poitou, du XVIème au XVIIIème siècle" (1965).

Photo. Jacques Coudray

En 1966, le musée s'oriente vers l'art moderne et contemporain avec l'exposition "Rétrospective Jules Lefranc". C'est aussi cette année-là que la première oeuvre de Gaston Chaissac, le totem Y'a d'la joie ou Anatole (1960) entre dans les collections, annonçant les deux donations majeures qui seront faites ensuite par Camille, l'épouse, puis par Annie Chaissac-Raison, la fille de l'artiste. En 1969, une première exposition lui est consacrée, suivie en 1973 de la création d'une salle qui lui est entièrement dédiée. L'inflexion en faveur de l'art contemporain est lancée et sera confortée par l'action des conservateurs successifs. Michel Ragon est l'invité du musée en 1969, puis Jean Hélion, Michel Moy, François Lunven. En 1973, la parution du n°1 des Cahiers de l'Abbaye Sainte-Croix est consacrée à l'artiste Henri Dimier.

En 50 ans, les collections du Musée se sont considérablement enrichies, autour des oeuvres de Gaston Chaissac, de Victor Brauner, de Paul-Émile Pajot et de nombreux autres artistes majeurs. Elles rassemblent aujourd'hui plus de 7 000 oeuvres, réparties en trois grands départements : l'art moderne et contemporain, le département marine et les arts graphiques.

Le musée de l'Abbaye Sainte-Croix fut l'un des premiers, après les musées de Grenoble ou de Saint-Étienne, et avant la création du Centre Georges Pompidou ou des Frac, à soutenir la création de son temps. Classé 124ème, il reste, au sein du Palmarès des musées publié par Le journal des Arts en 2011, parmi les musées d'arts du Xxème siècle "Petits mais costauds (...) dont les expositions temporaires à petit budget brillent par leur qualité".

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