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Le Calvaire du Remblai

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Le calvaire du Remblai est situé sur l’emplacement de l’ancien cimetière de la Côte (ou Grand Cimetière). Celui-ci, créé au milieu du XVIIème siècle, était délimité par les actuelles rues Travot, du Palais, de la Tour et le quai du Remblai. C’est ici que furent notamment inhumés, dans une fosse commune, les 127 personnes condamnées à mort par la commission militaire des Sables en 1793.

Faute de place pour recevoir de nouvelles sépultures, le cimetière de la Côte est interdit le 14 avril 1794. Il est transféré temporairement près de l’abbaye Sainte-Croix puis dans la luzerne du sieur de Vaugiraud (actuel cimetière rue de l’Armistice).

Laissé à l’abandon, l’ancien cimetière a servi alors de parc pour les équipages et l’artillerie des armées. Les registres de délibérations de l’époque ont même noté que "le passage incessant des voitures avait à ce point labouré le sol que la plupart des ossements avaient été mis à nu... ".

Le lieu est vendu comme bien national en 1800 au sieur Antoine Coppat, médecin de Jard, qui l’a revendu à son tour en 1809 au sieur Jean-Louis Chaillot, aubergiste. Le 19 avril 1820, la Fabrique des Sables a fait l’acquisition du terrain au nom et pour le compte de la paroisse des Sables afin de rendre ce lieu à la piété publique. Il est alors décidé d’y ériger un calvaire dont la paroisse était jusque là privée. Ce monument, d’après le devis conservé aux archives du presbytère Notre-Dame, "aura 9 toises 3 pieds de longueur et 8 toises de largeur, et aura 7 pieds 6 pouces de hauteur y compris les fondations [...]".

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Christ en bois

Les travaux du calvaire sont réalisés par l’entrepreneur Barreteau fils. Le bois de la croix a été donné par Mme Ozanne Laisné. Quant au Christ en bois, il est livré le 4 juin 1821 par le sculpteur sablais Jean-Emmanuel Mercier, moyennant la somme de 500 francs [Ce premier Christ en bois a été donné par la suite à la paroisse de La Chaume et restauré en partie (le buste) par Clément Dubernet]. Le montant des travaux s’est élevé à 13 272 francs.

Le calvaire est béni le 6 juin 1821 par Mgr Paillou, évèque de La Rochelle. Comme nous l’indique le cadastre de 1830, le terrain et le calvaire (section D du Port n° 428 et 429) sont désormais la propriété de la commune des Sables. L’année suivante, les fleurs de lys du calvaire sont ôtées suite à l’ordonnance sur les suppressions des insignes et emblêmes de l’ancien gouvernement.

En 1850, le mur d’enceinte est frappé d’alignement dans le but d’élargir la promenade du Remblai. Les travaux, acceptés par le conseil de Fabrique, sont réalisés aux frais de la commune.

Fortement exposé aux embruns, le calvaire dit de Notre Dame s’est inexorablement dégradé au fil du temps. Un nouveau calvaire est donc érigé le 3 mai 1874. La croix longue de 14 mètres, épaisse de 33 cm, est composée de 300 à 400 coeurs en plomb doré et d’un Christ en fonte de 2 mètres de haut. Le chêne pour la croix a été donné par M. de Bessay et la fonte par M. Chaigneau père, constructeur de navires.

En 1877, une partie de l’ancien cimetière est vendue à M. Dupuy, propriétaire du café de la Plage, pour y installer un jardinconcert, qui sera exploité ultérieurement par M. Lafargue.

Faisant suite aux lois de séparation de l’Église et de l’État, le calvaire est redevenu momentanément la propriété de la Fabrique des Sables de 1908 à 1911.

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Jardin vendu

Cependant, le décret du 8 février 1911 attribue à l’hôpital hospice des Sables le jardin du calvaire. Celui-ci est mis en vente la même année pour financer les travaux de construction du nouvel hôpital boulevard Pasteur. L’ensemble des lots est vendu par adjudication le 5 novembre 1911 à M. Emmanuel Eriau, spéculateur en biens demeurant à Aizenay pour la somme de 180 540 francs, avec l’obligation pour celui-ci de faire édifier des constructions sur chacun des lots dans un délai de deux ans. Une partie de ceux-ci est acquise par Maurice Durand, architecte sablais et son frère Armand.

C’est d’ailleurs à Maurice Durand que sont confiés les travaux de restauration du calvaire en 1913. Les villas qui sont situées à l’angle du quai et de la rue Travot sont également l’oeuvre de cet architecte : villa Blanche (1913), Mirasol (1914), La Conche, Morizot (1922). Ces trois dernières sont inscrites à l’inventaire des Monuments Historiques depuis 1975.

En 1923, le Christ du calvaire est entièrement remis à neuf pour la grande mission catholique qui s’est déroulée à Pâques. Soixante ans plus tard, la construction de l’ensemble immobilier du Passage du Palais va définitivement occulter la vue du Calvaire. Conçus par le cabinet d’architecture Goujon, la galerie marchande etle nouveau presbytère sont inaugurés le 7 mai 1983. Une fois restauré, le calvaire est réinstallé au dessus de la galerie du Palais. Une plaque commémorative a été apposée au pied de la croix par la société d’histoire locale OLONA en 1984 : "Ce calvaire a été érigé en 1821 sur l’ossuaire du cimetière de la Côte 1650-1800 transféré au cimetière de la Rénaie. La croix a été conservée en place".

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