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Le grand Casino

LS95

La Lettre des Sables vous fait remonter le temps et vous présente une rue, un quartier au temps jadis, ses constructions marquantes, ses moments forts, son évolution. Attardons-nous sur un haut lieu de l'animation sablaise, face à la plage : le Grand Casino, aujourd'hui Casino des Atlantes.

La Compagnie des Chemins de fer de la Vendée est à l'origine du projet du Grand Casino des Sables-d'Olonne, dont l'inauguration a lieu le 1er juillet 1876.

Auparavant, entre 1841 et 1858, la "maison de réunion des baigneurs" du sieur François Villemaine et l'"établissement des Bains de Mer" de Julien et Emile Lafeuille, où l'on trouvait jeux de casino, salle de bals et de concerts, avaient fait faillite.

La construction du casino, à laquelle participe Gustave Eiffel, est l'oeuvre des architectes parisiens Sallard et Leboeuf. Le bâtiment est en pierres de taille demi dures et moellons.

Racheté par la Compagnie des Chemins de fer de l'État en 1878, le casino est ensuite vendu à Etienne Chapautau en 1892. Sa fille Rose Alzieu lui succéde en 1910, avant de le revendre à son tour à sa soeur Louise Audubon en 1914. Cette dernière, en compagnie de son mari Théo Audubon, assure la direction artistique du casino jusqu'en 1939, date à laquelle elle cède les bâtiments à Marcel Haas, concessionnaire général de la plage.

Jusqu'à la Belle Époque, la renommée de l'établissement est indéniable, grâce aux concerts donnés sur la terrasse par l'orchestre symphonique, sous la baguette de Gustave Lelong et de Charles Domergue de la Chaussée. Quant au théâtre, sous les directions successives d'Allary, Desgranges et Martini, celui-ci a fait la joie des baigneurs en reprenant des pièces à succès parisiennes, sans oublier la célèbre tournée Baret, qui enchante les amateurs de théâtre dès la fin du XIXème siècle.

L'activité du Grand Casino est cependant interrompue lors des deux conflits mondiaux. Le terrain situé autour du casino est aménagé pour accueillir les baraquements et les tentes de l'hôpital militaire complémentaire n°53 pendant la Première Guerre mondiale. Le casino est toutefois exceptionnellement ouvert pour une grande représentation au profit des oeuvres d'assistance à la guerre en 1915, avec en vedette le ténor sablais Léon David.

En juin 1940, l'immeuble permet d'héberger des officiers et soldats belges stationnés aux Sables-d'Olonne. Il est ensuite réquisitionné par les troupes d'Occupation avant d'être entouré de trois blockhaus en 1943. Ces derniers sont dynamités lors du départ des Allemands dans la nuit du 27 au 28 août 1944. A l'état de ruine à la Libération, le casino est laissé à l'abandon avant que la municipalité ne décide son rachat et ne le fasse démolir en 1950.

Sa reconstruction dans un style Trocadéro est confiée aux architectes sablais Durand et Bertrand en 1951. Le sculpteur angevin René Gourdon et le peintre vendéen Henri Simon sont chargés de la décoration du bâtiment. L'inauguration du Grand Casino intervient le 13 juillet 1951 et celle du théâtre le 1er juillet 1956, en présence de M. Bordeneuve, secrétaire d'État des Arts et des Lettres.

La direction est confiée à Léo David de 1951 à 1966, puis à Georges Siboun jusqu'en 1998. Dans les années 50-70, les plus grands artistes de la chanson française se produisent sur scène : Edith Piaf, Luis Mariano, Yves Montand, Johnny Halliday, Jacques Brel, Barbara, Claude François, sans oublier les humoristes Raymond Devos, Bourvil, Fernand Raynaud, Guy Bedos, Coluche... Dans les années 80, c'est au tour de la discothèque "Number One" d'animer les nuits sablaises.

La façade du casino est profondément transformée dans un style "2001 Odyssée de l'Espace" (selon l'expression de Benoît Decron, Conservateur du musée de l'Abbaye Sainte-Croix de l'époque) par l'architecte R.G. Goujon en 1976.

Très vite l'esthétisme et la fonctionnalité du bâtiment deviennent obsolètes. La nécessité de créer un nouvel équipement adapté à la demande touristique et économique entraîne la démolition de l'ancien casino à partir de novembre 1995. Après deux ans et demi de travaux, celui-ci cède la place au Centre International de Rencontres "Les Atlantes", que l'on doit au Cabinet d'architectes Durand, Ménard et Thibault. Inauguré le 15 mai 1998, il regroupe le Centre de Congrès et sa salle de spectacles de 800 places, l'Office de Tourisme et un Casino. Le parrain des "Atlantes" est Gérard D'Aboville.

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