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Nau l'olonois

LS107

La Lettre des Sables vous fait remonter le temps en vous présentant ce mois-ci l'histoire exotique du pirate local Nau l'Olonnois qui écuma les Caraïbes au XVIIe siècle.

Ce personnage, peu connu du grand public, fut l'un des flibustiers les plus célèbres du règne de Louis XIV. Avec lui ressurgissent des lieux légendaires de la piraterie, comme les Caraïbes ou l'Ile de la Tortue, repères des Frères de la Côte.

Sa vie et son parcours nous sont connus grâce aux écrits d'Alexandre-Olivier Oexmelin, chirurgien français, qui a côtoyé ces aventuriers de 1666 à 1672.

"L'Olonnais, Français de nature, est du Poitou, d'un lieu nommé les Sables-d'Olonne, dont il a retenu le nom sous lequel on le connaît dans toute l'Amérique".

Ce flibustier dont on ignore la véritable identité est né vraisemblablement aux Sables-d'Olonne vers 1630. De sa jeunesse, nous ne savons rien. Son histoire commence avec son embarquement dans le port de La Rochelle, entre 1650 et 1653, à destination de Saint-Domingue.

Là, il devient boucanier, c'est à dire un aventurier pratiquant l'élevage de boeufs sauvages, fumant la viande sur un gril appelé "boucan". Les boucaniers sont alors alliés des flibustiers et des Français, depuis qu'ils ont été chassés des Antilles par les Anglais et les Espagnols.

Très vite, il rejoint l'Ile de la Tortue après le massacre de la plupart de ses compagnons par les Espagnols. Alors débutent ses exactions sanglantes contre les bâtiments espagnols, qui en font très vite un des flibustiers les plus redoutables, au même titre que Montbars l'exterminateur ou Gramont, l'incendiaire de Campêche.

Connu dans toutes les Caraïbes, il est surnommé le "Fléau des Espagnols" ou le "Boucher de Maracaïbo", s'illustrant particulièrement dans la prise de cette ville du Vénézuela en 1666.

Voilà ce que l'on relate à ce sujet : "Nau hisse son pavillon amiral sur la Cacaoyère, de 16 canons, et confie le commandement des troupes de débarquement à Michel le Basque. L'entrée du Lac Maracaibo est comme une gorge fermée par la redoute de l'Ile des Ramiers. Il la franchit de vive force, culbute les forces ennemies et toutes les troupes du Gouverneur de Mérida, et au prix de 100 tués et blessés, enlève Maracaibo, le Gibraltar du Venezuela. Le butin et les dommages infligés aux Espagnols dépassent un million d'écus".

D'autres colonies espagnoles furent également pillées et incendiées, comme San Antonio de Gibraltar, Puerto Cavallo et San Pedro. Il s'adjoignait souvent les services d'autres flibustiers, tels Pierre le Picard ou Michel le Basque, lors de ces expéditions encouragées par le gouverneur de l'Ile de la Tortue, Bertrand d'Ogeron.

Tout le butin accumulé après ces péripéties aurait dû faire de lui un homme riche. Mais c'était sans compter sur une vie de débauche et de dépenses qui finalement l'incitèrent à poursuivre sa vie de flibustier.

En 1671, après une expédition malheureuse contre les côte du Guatemala, son navire est jeté par la tempête sur les côtes du Yucatan, précisément sur l'Ile Barou (ou Varu) dans le golfe de Darien.

Capturé par les "Indios Bravos", il connaît une fin tragique. La légende raconte qu'après avoir été scalpé, il fut découpé en morceau et dévoré par ces cannibales, qui prirent soin de lui arracher le coeur de son vivant. Seule sa tête fut conservée et momifiée afin d'être gardée comme trophée.

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