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Pierre Éliopole CROUZILLAT (1835-1910) : premier sauveteur de France

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La Lettre des Sables vous fait remonter le temps en vous présentant l'histoire de Pierre Eliopole Crouzillat.

S'il est un homme emblématique du sauvetage en mer au XIXème siècle, c'est bien Pierre Crouzillat. D'ailleurs, l'amiral Jurien de la Gravière ne s'y est pas trompé en lui remettant personnellement la Croix de la Légion d'Honneur le 5 juillet 1882.

Il faut dire que le bonhomme a des états de service exceptionnels, avec à son actif le sauvetage d'une soixantaine de navires. Le bilan humain n'est pas en reste avec plus de 200 vies sauvées au terme de 41 années de sauvetage.

Aussi, lorsqu'il affirme que "Jamais cette croix n'a été placée sur une poitrine plus digne de la porter", l'amiral rend un hommage on ne peut plus légitime à celui qui a voué sa vie entière à sauver celles des autres et qui fut surnommé en son temps le "premier sauveteur de France".

Fils d'Eloi Crouzillat, cultivateur, et de Madeleine Renaud, femme de ménage, il naît à Arsen Ré (Ile de Ré) le 4 juin 1835. Veuf en premier mariage de Marie Penaud, il épouse en seconde noce Alma Trichet, une Chaumoise, le 19 avril 1871. Il est le père de six enfants.

Tout commence pour lui en 1857, à Brest, lors de son service militaire, lorsqu'il sauve deux hommes d'un incendie. Puis c'est à Toulon, Antivari, Bristol et Granville qu'il se fait remarquer par son courage, avant de se fixer définitivement à La Chaume à partir de 1861.

C'est ici qu'il va inlassablement s'illustrer jusqu'en 1898, date de sa dernière intervention.

En 1867, il fait parti de l'équipage du premier canot de sauvetage de la station des Sablesd'Olonne,aux côtés d'Anselme Maraud (1842-1910), autre sauveteur chaumois de renom.

Notre marin est né sous une bonne étoile, puisqu'il est absent lors du naufrage de la chaloupe Coeur de Jésus le 24 avril 1868 où sept sauveteurs sablais trouvent la mort.

En 1873, il obtient une récompense de taille avec l'obtention de deux médailles d'or pour son courage lors du naufrage du Bedlington au large des Sables. Puis les décorations et diplômes honorifiques se succèdent et s'accumulent au fur et à mesure de ses interventions périlleuses, à l'entrée du port ou aux abords des sinistres rochers des Barges.

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Initiateur de l'acquisition du canot de sauvetage

La fermeture de la station de sauvetage la même année ne décourage pas notre homme même si elle en restreint inévitablement les actions d'éclat. De fait, il est à l'initiative de la construction d'un nouveau bateau de sauvetage pour le port des Sables. Que ce canot soit établi selon ses plans et financé avec ses propres deniers en dit long sur son tempérament. Son opiniâtreté finit logiquement par payer puisque la station est officiellement dotée d'un nouveau canot, l'Amiral Jacquinot en 1879.

En 1881, date à laquelle Paul-Émile Pajot perd son père dans le naufrage de la chaloupe Jeune Ernestine, Crouzillat est quant à lui de toutes les sorties pour ôter les marins des griffes de la mer. C'est donc à juste titre qu'il est proposé pour la Légion d'Honneur qui lui est décernée l'année suivante.

De même, en 1889, il met au point un appareil de sauvetage qui lui vaut la médaille de bronze à l'exposition universelle de Paris et la médaille d'or à l'exposition de Nice l'année suivante.

Naufrage de la chaloupe Reine des cieux LS 1079

L'une des plus tragiques sorties de Pierre Crouzillat est celle de la tempête de novembre 1891 où notre sauveteur s'est illustré une fois de plus au péril de sa vie lors du naufrage de la chaloupe Reine des Cieux LS 1079. Il faut dire que le triple chavirage de l'Amiral Jacquinot, le canot de sauvetagesablais, a marqué durablement les esprits et a été largement médiatisé par la presse locale et nationale. Ce drame a été notamment immortalisé par Henri Meyer pour la une du numéro 53 du supplément illustré du Petit Journal daté du 28 novembre 1891 "Les dernières tempêtes - un sauvetage aux Sables-d'Olonne".

Finalement, après le sauvetage du vapeur Daniel Fricaud en 1898, Pierre Crouzillat prend sa retraite pour goûter un repos bien mérité dans sa demeure située au 3 rue du Palais. C'est ici qu'il va s'éteindre le 13 juillet 1910.

Par délibération du Conseil municipal en date du 14 novembre 1969, une rue des Sables-d'Olonne porte le nom de Pierre Crouzillat.

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