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Tempêtes, ouragans, raz de marées

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La Lettre des Sables vous fait remonter le temps en se retournant sur les tempêtes qui ont marqué l'histoire des Sables d'Olonne avant le passage récent de Xynthia.

La plus ancienne mention de catastrophe naturelle aux Sables-d'Olonne remonte à l'année 1515, lorsque la ville est dévastée par un ouragan, selon le chroniqueur chaumois Collinet.

Peut-être peut on rapprocher ce fait de l'ouragan du 10 août 1518 rapporté par Daniel Massiou dans ses chroniques de l'histoire de l'Aunis : " un ouragan tel que de mémoire d'homme on n'en avait pas vu de semblable, souleva les flots de l'océan à une si prodigieuse hauteur, que la mer franchissant ses limites se précipita dans les campagnes. Les habitations furent renversées, les bestiaux entraînés, les récoltes submergées".

Duget, historien et ancien maire sablais, rapporte quant à lui "qu'un ouragan furieux ayant détruit une partie de la ville des Sables (1525 ?) et menaçant le reste, le roi François Ier fit construire (entre 1541 et 1543), à peu près parallèlement au quai du Remblai actuel, un mur de 300 m de longueur et 4 d'épaisseur". Cette digue va s'affirmer, tout au long des siècles suivants, comme un élément majeur pour la cité maritime contre les assauts de la mer.

En parcourant les écrits de Collinet, nous trouvons mentions de plusieurs tempêtes aux Sables au XVIIIème siècle. Ainsi, signale-t-il un raz de marée survenu le 6 juillet 1743, mais qui selon lui, n'aurait fait aucun dégât.

Au printemps 1750, toujours d'après Collinet, "un ouragan affreux, qui fit monter la mer très haut, dégrada considérablement la ville des Sables-d'Olonne. [...] Ce même ouragan détruisit en entier le port de la Gachère [...]". Paradoxalement, on ne trouve aucune trace de cette catastrophe dans les registres de délibérations du Conseil municipal.

Le 1er février 1763, "sur le minuit, les vents ont fraîchi de la part du sud-sud-ouest. La mer qui se trouvait pleine à 5 heures et demie et extrêmement agitée a passé sur tous les quais et a renversé partie de ceux de La Chaume, abattu plusieurs maisons sur la côte des Sables, rompu les chaussées de plusieurs marais et causé beaucoup de dommages ». Là encore, les archives restent silencieuses sur cet événement...

Une relative accalmie semble flotter tout au long du XIXème siècle jusqu'aux terribles tempêtes meurtrières de janvier 1881 et décembre 1896, qui endeuillèrent la communauté maritime du port des Sables. Avec 15 bateaux perdus corps et biens et 58 marins portés disparus, ces deux tragédies frappèrent longtemps les imaginations des contemporains.

Plus anecdotique, le 3 août 1905, un petit raz de marée endommage les cabines et tentes de la plage : "Avant hier, 3 courant, un raz de marée que rien ne faisait prévoir, s'est brusquement produit, vers 5 heures, alors que la mer se trouvait dans son plein. Les flots déchaînés battaient le Remblai, baignant les cabines et les tentes, qui ne tardèrent pas à être balayées par les lames. Sur la plage ce fut un véritable désastre. [...] Hier matin, vers 5 heures, la mer toujours furieuse a enlevé et brisé six cabines de l'établissement Grolleau Clovis. Hier soir la mer était toujours houleuse (Journal des Sables du 6 août 1905).

En revanche, la violence des flots se déchaîne le 9 janvier 1924. Entre 4 h et 5 h ½ du matin, une marée de tempête provoque de très gros dégâts sur la promenade du Remblai et les ouvrages qui en dépendent. Les chantiers de construction navale ont également beaucoup souffert. Plus de 90 bateaux de pêches amarrés dans le port sont gravement endommagés, voire coulés. Le monde maritime n'est pas épargné avec le naufrage du bateau de pêche sablais Élite LS 635 et la mort des six membres de l'équipage. La montée des eaux provoque également de nombreuses inondations dans les caves du Passage et du Remblai. Les dégâts causés aux propriétés privées par le vent sont paradoxalement peu importants et essentiellement circonscrits aux villas du bord de mer.

Deux ans plus tard, les 24, 25 et 26 octobre 1926, une énorme tempête occasionne une nouvelle fois d'importants dommages.

L'année 1930 fut particulièrement éprouvante avec les tempêtes du 1er février, des 3 et 13 avril, du 30 mai et surtout celle aux allures cycloniques des 2 et 3 novembre. À noter que le 30 mai 1930, un raz de marée ravage les différents établissements de la plage.

Les 10 et 11 novembre 1931, l'amplitude extraordinaire des trois marées successives provoque à nouveau "un raz de marée accentué par un fort vent de secteur sud".

Dans la nuit du 22 au 23 février 1935, un ouragan s'abat cette fois encore sur la Vendée, et provoque le naufrage du Jeanne Suzanne LS 889 dans lequel périssent les cinq hommes d'équipage. Aux Sables, d'importants dégâts matériels sont aussi à déplorer dans toute la ville.

À la suite d'une énième tempête, d'impressionnantes inondations sont à déplorer aux Sables en novembre 1960, frappant notamment la partie basse de la Ville située entre les Filées et la rue Beauséjour. Parallèlement, elles font plus de 5 000 sinistrés dans le reste de la Vendée.

Le 13 février 1972, la Vendée est déclarée sinistrée à la suite d'"un ouragan qui s'est abattu sur l'Ouest, faisant 13 morts dont 3 dans notre seul département". Aux Sables, la chute spectaculaire d'une grue cours Blossac entraîne à elle seule des dégâts considérables.

En février 1990, la tempête a surtout endommagé les cales d'accès à la plage, les perrés et les rotondes du Remblai.

La tempête du 7 septembre 1995 a causé des ravages mais heureusement sans faire la moindre victime. Les sous concessions de la plage, subissant l'assaut des vagues, ont connu de fait de graves préjudices. De même, le stand Animation plage et le poste de secours principal sont entièrement détruits par la marée.

"Lothar" et "Martin", les deux tempêtes successives de décembre 1999, sont encore ancrées dans toutes les mémoires. Avec des vents à plus de 130 km/h, c'est un spectacle de désolation qui s'offre aux yeux des Sablais au petit matin : en ville, cheminées tombées, toitures arrachés et arbres déracinés ; dans le port de plaisance, aucun bateau de coulé, mais une quarantaine de navires subissent de sérieuses avaries. Dans le même temps, la ville doit faire face à la pollution qui a suivi le naufrage du pétrolier Érika.

La tempête "Xynthia", le 28 février 2010, laissera également pour longtemps le souvenir d'une nuit cauchemardesque, où la mer va s'acharner conte les infrastructures du Remblai, du quai de La Chaume et de Port Olona mais heureusement sans faire de victime.

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