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Philippe Thesson, élu marin emblématique des Sables d'Olonne

À l'occasion de la "dispute" qui opposait 8 marins sablais défendus par 8 intervenants dimanche 14 janvier à l'Auditorium St Michel, c'est le marin Philippe Thesson qui l'a emporté.

LES VOTES :

Philippe Thesson: 43 voix
Pierre Crouzillat: 36 voix
René Guiné: 34 voix
Pierre de Vaugiraud: 14 voix
Paul-Emile Pajot: 12 voix
André Collinet: 8 voix
Daniel Fricaud: 8 voix
Nau l'Olonnois: 7 voix.

Le panneau du marin élu Philippe Thesson sera exposé devant le prieuré Saint-Nicolas durant toute l'année 2018.

Les 8 marins emblématiques des Sables d'Olonne défendus lors de la "dispute"

  • NAU L'OLONOIS (circa 1630-1671) - Rond-point de la Rudelière
    Intervenant : René Moniot-Beaumont, fondateur de la Maison des écrivains de la mer

    C'est l'un des flibustiers les plus célèbres du règne de Louis XIV. François l'Olonnois est né vraisemblablement aux Sables d'Olonne vers 1630. Sa vie et son parcours sont connus grâce aux écrits d'Alexandre-Olivier Oexmelin, chirurgien français, qui a côtoyé cet aventurier : "L'Olonnais, Français de nature, est du Poitou, d'un lieu nommé les Sables d'Olonne, dont il a retenu le nom sous lequel on le connaît dans toute l'Amérique". Redouté dans toutes les Caraïbes, il est surnommé le "Fléau des Espagnols" ou le "Boucher de Maracaïbo", s'illustrant particulièrement dans la prise de cette ville du Vénézuela en 1666. Il connaît une fin tragique en 1671, après que son navire fut jeté par la tempête sur les côtes du Yucatan. Capturé par les "Indios Bravos", il est découpé en morceau et dévoré par ces cannibales. Seule sa tête fut conservée et momifiée afin d'être gardée comme trophée.
  • Daniel FRICAUD (1662-1733) - Rond-point de Schwabach
    Intervenant : Priscilla Giboteau, vice présidente de la société Olona

    La légende rapporte que ce simple pêcheur sauva, par sa présence d'esprit et la ruse, la ville des Sables d'un bombardement anglo-hollandais en 1696. En effet, après avoir été capturé au large des Sables avec sa barque de pêche, il fit croire à l'ennemi que la ville était aussi large que longue. Les navires tirèrent alors au canon sur la ville, mais les boulets allèrent s'écraser dans les marais de la Cabaude. Pour finir de tromper l'ennemi, les habitants allumèrent à leur tour des feux de paille pour faire croire à des destructions massives. Une statue fut élevée à la mémoire de Daniel Fricaud en 1897 mais elle fut malheureusement renversée peu de temps après par une tempête.
  • André COLLINET (1729-1806) - Rond-point Honoré d'Estienne d'Orves
    Intervenant : Gilbert Chavantré, membre de la société Olona

    Issu d'une vieille famille chaumoise, il embarque très jeune sur les morutiers qui partent pêcher sur les bancs de Terre-Neuve. Revenu s'installer définitivement aux Sables comme armateur en 1769, il est nommé par la suite, 2e échevin de la ville en 1773. Esprit éclairé (il entretient une abondante correspondance, notamment avec le naturaliste Buffon) et novateur (on lui doit entre autre l'introduction de la culture de la pomme de terre dans notre région), il a légué, à travers ses cahiers manuscrits, un précieux témoignage sur la vie quotidienne aux Sables-d'Olonne et à La Chaume au XVIIIe siècle.
  • Pierre René Marie DE VAUGIRAUD DE ROSNAY (1741-1818) - Rond-point du boulevard de l'Ile Vertime
    Intervenant : Jean-Claude de Vaugiraud, descendant de l'Amiral Pierre René Marie de Vaugiraud

    Officier de marine français, il prend part à la guerre d'Indépendance américaine et s'illustre tout particulièrement en 1781 lors de la bataille de la Chesapeake aux côtés du marquis de Lafayette et du comte de Grasse. Refusant d'embrasser la cause révolutionnaire, il doit émigrer et rejoint alors les rangs royalistes. Après l'abdication de Napoléon Ier, il est nommé Vice-Amiral et gouverneur de la Martinique par le roi Louis XVIII. Il a été décoré de la Grand-Croix de l'ordre de Saint Louis et de l'Ordre de Cincinnati.
  • René GUINÉ, (le commandant) (1768-1821) - Rond-point Charcot
    Intervenant : Michel Vrignaud, fondateur de l'AVVAS, Association d'archéologie sous-marine

    Engagé dès l'âge de 18 ans dans la marine de guerre, il prend part aux combats contre les Portugais, vers le Brésil, Cayenne et les Antilles. Pendant la période révolutionnaire, chargé de protéger la côte, de Nantes au golfe de Gascogne, il s'illustre pleinement par la prise de nombreux navires anglais. L'amirauté anglaise met d'ailleurs en garde ses marins : "Dans le golfe de Gascogne, défiez-vous du commodore Guiné". Sous le Consulat, il mène sur son navire les Consuls en mission jusqu'aux Echelles du Levant. Il reçut pour cette action une épée d'honneur de la part de Bonaparte. Sous l'Empire, il donne la pleine mesure de son habilité manoeuvrière en agissant en vrai corsaire, à bord de son lougre Le Rapace. Son port de refuge étant sa ville natale : Les Sables. Sa tactique principale était de cacher son navire derrière les îles côtières et de là, de fondre sur les vaisseaux ennemis qui avaient osé s'aventurer jusque sur nos côtes. Capitaine de Frégate en 1808, il est fait Officier de la Légion d'Honneur sous l'Empire, puis Chevalier de l'Ordre de Saint-Louis et du Lys sous la Restauration.
  • Philippe THESSON (1816-1884) - Rond-Point Honoré d'Estienne d'Orves
    Intervenant : Hervé Retureau, Président de la société Olona

    Né dans une longue lignée de marins terre-neuvas, le Sablais Philippe Thesson a vécu à l'âge de 20 ans, une histoire maritime et humaine extraordinaire qui va le mener jusqu'en Terre Adélie. Il est enrôlé à Toulon sur la corvette l'Astrolabe commandée par Dumont d'Urville. Ils partent en 1837, en compagnie de La Zélée, pour une mission d'exploration commanditée par Louis-Philippe, afin de par courir l'océan Pacifique et de vérifier l'existence du continent austral. Trois années de pérégrination scientifique amènent finalement les deux corvettes dans le grand sud où ils découvrent un nouveau continent jusque-là ignoré de la géographie et des scientifiques. Comme l'immense majorité de ces marins anonymes, Philippe Thesson, n'a malheureusement laissé aucun écrit de cette incroyable aventure au Pôle Sud.
  • Pierre CROUZILLAT (1835-1910) - Prieuré Saint-Nicolas
    Intervenant : Anton Lavigne, responsable des Archives municipales des Sables-d'Olonne

    Cet homme, natif d'Ars-en-Ré, a consacré sa vie au sauvetage en mer, aussi bien par des actions d'éclat, à bord du canot de sauvetage des Sables dont il était le patron, que par l'invention d'appareils de sauvetage. Décoré de la Légion d'Honneur en 1882, l'amiral Jurien de la Gravière déclare à son propos que "jamais cette croix n'a été placée sur une poitrine plus digne de la porter". Depuis 1969, une rue porte le nom de celui qui a été surnommé en son temps le "Premier sauveteur de France".
  • Paul-Émile PAJOT (1873-1929) - Phare de l'Armandèche
    Intervenant : Vincent Loyer, en charge des collections marines du Musée de l'Abbaye Sainte-Croix

    Né à La Chaume, poète et dessinateur, Pajot est devenu par ses dessins et ses aquarelles le chroniqueur attitré du milieu de la pêche. Artiste peintre de talent, sa peinture naïve est remarquée par Jean Cocteau : "Il est un homme qui peint des bateaux. Il ne peint pas des bateaux pour les gens qui aiment la peinture, mais il est un peintre pour les gens qui aiment les bateaux". Il obtient la consécration artistique à Paris en janvier 1925, puis en 1927 avec Foujita. Il peint beaucoup, et de 1896 à sa mort en 1929, son oeuvre est considérable. Ses tableaux sont recherchés par les grands musées français et par les collectionneurs avertis. Il a également légué un journal en 5 volumes intitulé "Mes Aventure".
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